Un hippopotame traversait un marigot lorsque, soudain, l’un de ses yeux se détacha et tomba au fond de l’eau. L’hippopotame se mit alors à chercher de tous côtés. Il tournait et retournait sur lui-même, fouillait à gauche, à droite, devant et derrière lui. Mais il ne trouvait pas trace de son œil. 

En le voyant faire, les oiseaux du fleuve ne cessaient de lui crier :

  • Calme-toi ! Mais calme-toi donc !

Mais l’hippopotame affolé ne les entendait pas. Il lui fallait absolument retrouver son œil perdu.

Alors, les poissons et les grenouilles joignirent leurs voix à celles des oiseaux :

  • Calme-toi, hippopotame ! Mais calme-toi donc !

Finalement, l’hippopotame finit par les entendre. Il s’immobilisa et les regarda.

Aussitôt, la vase et la boue qu’il soulevait en pataugeant se posèrent au fond du marigot. Et entre ses pattes, dans l’eau redevenue claire, l’hippopotame aperçut son œil. Il le ramassa et le remit à sa place.

Michel Piquemal, Philippe Lagautrière, Les Philofables, © éd. Albin Michel.

Contes...

Le départ venait d’être donné. Les étalons arabes, fiers et fougueux, galopaient dans la poussière. Comme chaque vendredi après- midi, le roi était là pour voir courir ses propres che- vaux. Ce jour-là, il en avait trois qui participaient à la course. Il avait pris place au centre de la tribune officielle et les accompagnait de son regard perçant. Assis à la meilleure place, il demeurait impassible, tandis qu’en contrebas, un homme, debout parmi la foule, s’agitait en criant pour encourager un des éta- lons. Les gens le regardaient. Et certains spectateurs l’enviaient, car ils s’imaginaient qu’il était proprié- taire du cheval menant la course

...

Accès membres